A Monsieur
Monsieur V. Cousin
Pair de France, Conseiller
d’Etat, membre de l’
Institut pp
à
Munich le
Vous excuserèz, j’espère, mon cher ami, la liberté que je prends, de vous recommander Monsieur Joseph Müller, porteur de cette lettre, qui se rend à Paris pour un travail relatif aux Géographes arabes. C’est par conséquent un orientaliste, mais il est en même temps profondement versé dans la connaissance des langues et de la litterature classique, comme dans les études relatives à la philosophie. Il n’a cessé depuis cinq ans de suivre mes cours, et je puis dire, qu’en général, je le regarde comme le plus solide et le plus instruit de mes disciples.
Je vous prie donc, mon cher, et j’attends de l’amitié, que vous me portèz, que non seulement vous voudrèz bien admettre M. Müller dans votre intimite, mais encore lui faciliter par tous les moyens possibles le travail qu’il entreprend, et lui procurer l’accès de toutes les personnes distinguées, qu’il desireroit connaitre, et dont vous êtes vous-même l’ami.
Soyèz persuadé, mon cher, que je vous serai infiniment reconnaissant de tout ce que vous voudrèz bien faire pour Mr. Müller, et agreèz que je vous reitère l’assurance de ma parfaite amitié.
Schelling