A Monsieur
Monsieur le Comte
de St. Maurice pp
Monsieur le Comte,
Ce n’est que depuis une quinzaine de jours, que j’ai été informé de l’état d’indisposition, où vous vous trouviès, Monsieur le Comte; il ne s’est passé un jour, sans que j’eusse eue l’intention de m’informer en personne de l’état de votre santé, mais une accumulation de travaux, augmentés encore par les soins de l’impression de mon ouvrage, qui va enfin voir le jour, jointe à un mal-aise, dont je fus atteint moi-même m’en ont rétenu jusqu’hier, où j’eus l’honneur, Monsieur le Comte, de recevoir le billet, que vous me fites l’honneur de m’écrire, et qui m’a annoncé votre départ de Munich. J’avais ésperé de vous trouver encore aujourd’hui dans votre logis en ville, mais ayant trouvé la porte fermée, il ne me reste, Monsieur le Comte, que de vous exprimer par écrit, combien j’ai été sensible aux bontés, dont vous avés bien voulu m’honorer pendant votre séjour à Munich, et combien je plains les circonstances, qui vous obligent à quitter si promtement cette ville. J’y dois ajoûter mes profonds remerciemens pour le Volume du Cours de Mr. Cousin, que vous avès bien voulu me laisser, et qui me sera toûjours précieux sous un double point de vue, celui de Vos bontés, qu’il me rappellera, et celui de l’intérêt scientifique, que je porte aux travaux litéraires d’un ami, dont je ne cesserai jamais d’aimer la personne et de respecter les talens. J’aurais bien desiré, que l’impression de mon ouvrage eût été assès avancée, pour pouvoir vous en offrir un exemplaire, et pour vous prier d’en porter un à Mr. Cousin. Permettès du moins, que je me réserve l’honneur de vous présenter cet ouvrage aussitôt qu’il sera achevé, et de vous prier en même tems de faire mes excuses à Mr. Cousin, à qui je dois une réponse, pour laquelle j’aurais tant desiré pouvoir profiter de votre complaisance, mais le tems me manque dans ce moment, comme il m’a m’a manqué depuis ces 15 jours. Il se pourrait cependant, que si l’état de votre santé porterait quelque lenteur à votre voyage, ma lettre dévançât votre arrivée. En tout cas je vous prie, Monsieur le Comte, d’assurer Mr. Cousin de mon parfait dévouement et du zèle, que je mettrai à lui faire tenir ce qu’il désire.
Je n’oserais pas me flatter d’une espérance, vaine sans doute et en tout cas vague, d’avoir l’honneur de vous revoir dans un pays et dans une ville, dont le climat parait avoir été funeste à votre santé.
Permettès-moi donc de m’assurer, Monsieur le Comte, de vos bonnes graces pour le cas, qui me procurerait l’avantage de vous trouver un jour à Paris, et agreès les assurances de la consideration la plus distinguée, avec laquelle j’ai l’honneur d’être
Monsieur le Comte,
Votre
très-humble et très-obeissant
serviteur
Schelling.
Munich, .