Monsieur
Monsieur Schelling
President de l’Academie Royal de Munich.
Je ne veux pas differer, mon cher ami, de vous remercier de l’agreable nouvelle que vous me donnez, et, quoi que vous en disiez, je partage ma reconnaissance entre vous et l’Académie, et mets la plus grosse part de votre coté; car je crois bien plus à votre amitié pour moi qu’à mes titres Académiques. Quant aux confrères que l’Academie m’a donnés parmi mes compatriotes, je suis bien aise d’y rencontrer un ami particulier, Monsieur Letronne. Monsieur Guigniault est fort sensible à vos bonnes intentions à son égard; je me flatte qu’elles ne sont qu’ajournées. Le nom de M. Lorin m’est tout à fait inconnu, et personne n’a pu rien m’en dire. Je me réjouis infiniment que vos leçons mythologiques soient imprimées, et qu’il n’y manque plus que la préface. Ecrivez la le plu[s]tot possible; et Monsieur Guigniault se chargera d’être votre introducteur auprès du public Français.
La nouvelle que vous me donnez qu’il y aura peu de monde à Munich à la fin de cet eté, deconcerte un peu mes projets pour , et les graves événemens qui se passent dans mon pays, m’y retiendront, comme vous pensez bien. Mais j’espère bien que tout ceci se calmera et que j’aurai le plaisir de vous voir à l’Academie, et de vous exprimer de vive voix ma reconnaissance de l’honneur que vous me faites, et vous et elle. Si je pouvais en quelque chose lui être utile le moins du monde, ne m’epargnez pas.
Adieu, mon cher ami. Aussitot que j’aurai reçu officiellement mon diplome, je m’empresserai d’ecrire à l’Academie pour lui temoigner mes sentimens.
Tout à vous de cœur.
Victor Cousin.
Je vous enverrai bientot par la Legation, si cette voie est convenable, le sixième volume de mon traduction de Platon. Il n’y manque non plus qu’une preface!